La crue du 17 octobre 2024 a marqué les esprits. Le sujet de l’inondation, souvent en arrière plan de tout un tas de sujets prioritaires, revient sur le devant de la scène. A Givors, le Gier, le Garon et le Mornantet ont cumulé leurs effets et engendré de nombreux dégâts. Cela devient plus facile pour les gestionnaires de cours d’eau de montrer l’importance de la prévention et de la gestion de crise.
A mon échelle, cela donne du sens à mon travail, et de nombreuses opportunités qui me font repenser mon organisation pour honorer toutes les demandes !
Cela faisait quelque temps que ce sujet me trottait dans la tête, et nous avions émis avec quelques partenaires l’idée d’un collectif inondation pour renforcer la sensibilisation et lui donner plus d’ampleur, devant le manque d’intérêt pour ce sujet (qui comme le changement climatique n’est pas très vendeur car très anxiogène). Le contexte météorologique local nous a fait bien avancer.
Avec le SMAGGA, gestionnaire du bassin versant du Garon, nous avons accompagné le montage de projets sur le risque inondation dans 9 classes de collèges (6ème, 5ème, SEGPA) et au DITEP de Mornant. Je réalise maintenant des interventions dans les classes, en partenariat avec le MNLE-69. Entre sorties terrain, maquette modélisant les inondations, jeux de rôle mettant en scène les acteurs du territoire actuels ou au fil de l’histoire, visionnage du film « Les Têtes Givrées » avec échange avec le réalisateur pour une classe de SEGPA, et un débat pour conclure et ouvrir sur des actions concrètes à mener, les élèves sont parés pour s’engager et trouver comment s’investir à leur échelle. C’est touchant de les voir s’impliquer et imaginer à leur façon des solutions pour l’avenir. Cela donne espoir pour la suite !
Chemin faisant, les différentes missions que je réalise entrent en résonance et les partenariats se nouent. Au SMIRIL (gestionnaire d’un espace naturel au bord du Rhône à proximité de la confluence avec le Garon), les projets sur le changement climatique sont proches, et nous échangeons entre structures pédagogiques pour articuler nos séances, comme avec La Renarde des Alpes et S’ortie.
De mon côté, avec 3 interventions prévues dans chacune des 5 classes de CM1 et CM2 à l’école Joliot Curie à Grigny, nous avons déjà de belles réalisations ! Des panneaux sur la maîtrise des pollutions, une BD sur la sensibilisation au changement climatique pour dépasser ses peurs et agir, des fresques sur l’aménagement du territoire, un courrier transmis au maire par les élèves de la classe qui siègent au conseil municipal des enfants pour planter davantage d’arbres, une proposition d’activités pour les enfants dans les salles de repli en cas d’inondation. Les enfants sont pleins de ressources !
Reste à mentionner les projets avec le SAGYRC sur le bassin de l’Yzeron, l’EPAGE du Beaujolais et le SYRIBT (Brévenne – Turdine) avec qui nous construisons des outils sur cette thématique depuis un moment déjà, en partenariat avec l’EPTB Saône Doubs, des agences de communication comme CINCO ou Béatrice Bocquet Conseil, mais aussi d’autres partenaires pédagogiques et artistiques comme la balade des hydromachines, Madeleine Environnement, les clowns Waterploufs, la compagnie Les Belles Oreilles et autres grapheurs ou comédiens.
Guinguette de l’inondation pour aborder ce sujet de manière ludique mais réaliste, réalité virtuelle pour se rendre compte de ce que peut être une crue centennale, parcours d’orientation pour repérer les zones inondables et repères de crues, modélisation du fonctionnement de la rivière dans les berges de rivières avec mise en eau et recherche de solutions d’aménagements, porteur de paroles, murs des souvenirs et tables rondes pour collecter les témoignages et échanger, infographies pour clarifier et simplifier les enjeux, films engageants avec témoignages pour faciliter l’appropriation, document pour se préparer à la crise ou mener des projets en autonomie dans les classes… Les possibilités sont infinies !
Nous les développons au fur et à mesure en fonction des objectifs et des cibles que nous visons. En espérant avoir de l’impact pour que les habitants qui vivent ou traversent des zones inondables en soient conscients, réduisent leur vulnérabilité, anticipent la crise et puissent la gérer le plus sereinement possible. La route est encore longue, mais nous nous risquons à l’emprunter !